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Qui emprunte ce chemin ?

Les articles ci-dessous sont parus dans le quotidien

« La Montagne »

Région Auvergne

au début du mois d’août 2009

(lien)

Une série d’articles qui traduisent en quelques mots la motivation, propre à chacun, des marcheurs du chemin de Saint-Jacques, au travers de témoignages recueillis au fil des jours.

logolamontagneVendredi 31 juillet 2009

Après quoi marchent toutes ces personnes ?

Au Puy-en-Velay, ils font partie du paysage. Parfois à peine visible derrière leur sac à dos trop gros, bâtons en main et coquille apparente, les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle passent et repassent en toute saison.

Depuis l’an 950, imitant l’évêque Godescalc, ils prennent leur élan dans la cité ponote, un des quatre points de départ (Avec Tours, Arles et Vézelay) du célèbre périple pour Compostelle, en Galice.

À cette cohorte recueillie s’est jointe au fil des temps une légion de simples randonneurs, également séduits par ces chemins inscrits, en 1998, au Patrimoine mondial de l’Humanité.

Intrigué par cette valse incessante, curieux de connaître et de comprendre après quoi marchent toutes ces personnes, j’ai décidé de leur emboîter le pas avec mon propre sac à dos trop gros. Je déserte donc l’agence La Montagne du Puy-en-Velay pour partager leur quotidien et le restituer, en direct, aux lecteurs.

Atmosphère toute particulière

Direction Conques, dans l’Aveyron, terminus du premier grand tronçon de la Via Podiensis, le plus fréquenté des chemins de Saint-Jacques. Plus de deux cents kilomètres en huit étapes à travers la Haute-Loire, la Lozère et l’Aveyron, sur un parcours jalonné d’un patrimoine et de paysages fabuleux.

L’occasion également de palper une atmosphère toute particulière, emprunte de sacré pour les uns, de spiritualité pour les autres ou tout simplement propice au bonheur de la marche et de la contemplation.

Chaque étape fera l’objet d’une parution, à partir de lundi, rapportant les impressions laissées par le chemin, les veillées en gîte, l’organisation pour assurer l’accueil des pèlerins et randonneurs… Sans oublier les meilleurs clichés de Michel Wasielewski (ancien responsable du service photo de La Montagne) des plus beaux édifices aperçus, des témoignages et des informations pratiques.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Lundi 3 août 2009

Chacun sa route… : « J’ai besoin de faire ouf ! »

Malgré la présence d’une coquille sur son sac à dos, Bruno n’est pas un pèlerin.

Il passera devant une magnifique chapelle du XIIe siècle sans la voir et sans une prière, mais pourra s’extasier face au vol d’un rapace au-dessus des gorges de l’Allier. Il marche seul, simplement, et profite de la nature.

Bruno est d’Aurec-sur-Loire (Haute-Loire) mais son accent chantant le trahit. En route pour l’Aveyron, c’est aussi pour lui un retour aux sources.

Pourquoi Saint-Jacques ? « C’est les congés, il fait beau, il faut bien faire quelque chose ». Mais quelques centaines de pas plus tard…

« Arrêter de fumer »

« L’idée c’est peut-être aussi d’arrêter de fumer, ajoute Bruno en écrasant le reste de sa roulée, de faire une coupure. C’est peut-être aussi parce que j’ai failli être au chômage et que j’ai eu très peur ». Il se dévoile enfin : « Tu vois, sur le chemin, quand tu as une bonne côte et qu’après c’est plat, c’est un soulagement. Si je suis là, c’est parce que j’ai besoin de faire ouf ! ».

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Mardi 4 août 2009

C’est une affaire qui marche

Même si la randonnée n’est pas une activité très coûteuse, le chemin de Saint-Jacques a des retombées salvatrices pour l’économie des territoires traversés.

Fidèles à la vieille tradition pèlerine, certains marcheurs sont hébergés gracieusement sur le chemin, frappant aux portes des maisons ou des accueils chrétiens à la nuit tombée. Mais la très grande majorité d’entre eux (30.000 chaque année) fait tourner gîtes, chambres d’hôte ou hôtels placés judicieusement sur le parcours. Preuve de l’intérêt de cette clientèle pour les hébergeurs : ceux à l’écart du chemin proposent des navettes gratuites pour les rejoindre.

Manne financière

Ces dernières années, avec le nombre croissant de marcheurs, de nouvelles structures ont vu le jour. Ce qui ne les empêche pas, aux pics de fréquentation, d’afficher complet.

En gîte, principal mode d’hébergement, il faut compter environ 11 euros la nuit et 30 euros la demi-pension. Ce qui peut devenir très vite rentable pour les structures de grande capacité. Et pour les agriculteurs ou producteurs qui valorisent leur belle maison en pierres en mettant en place une chambre d’hôte, c’est un très bon complément de salaire ; surtout s’ils ajoutent la vente directe de leurs produits, toujours très appréciés.

D’autres activités profitent de la manne financière : les bars et buvettes improvisés le long des sentiers, les pharmacies, les commerces pour le ravitaillement, les sociétés de transport de bagages et de personnes, les marchands de chaussures, comme à Saugues, avec une offre impressionnante d’articles de randonnée. La Poste est même devenue experte pour renvoyer à la maison les objets devenus trop lourds ? Tout cela a un coût.

Le chemin ne permet pas la création de commerces (hors hébergement), mais sans lui, beaucoup auraient déjà disparu des campagnes.

Le chemin constituant une parenthèse idéale à la société de consommation, cette profusion de services peut surprendre, voire agacer, surtout quand les pancartes publicitaires se font trop voyantes. Mais cette offre fait aussi sa force, comme en témoigne un couple de Haute-Marne, de retour après une brève infidélité pour le chemin de Vézelay : « Rien pour se loger, pour s’alimenter et un balisage aléatoire. Nous sommes vite revenus sur le chemin du Puy ».

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Mercredi 5 août 2009

Chacun son chemin… : « Des amitiés formidables avec les pèlerins »

Jeanine connaît le chemin comme sa poche. Elle n’a pourtant parcouru que les 7 kilomètres entre sa maison et La Clauze.

À Saugues, c’est elle qui tamponne les crédenciales, les documents attestant du statut de pèlerin. Mais elle fait bien plus que cela. Elle recoud les affaires déchirées, invite les pèlerins à sa table ou héberge ceux qui n’ont pas d’argent pour payer le gîte, réconforte…

« Que du bonheur »

Comme en atteste sa collection de cartes postales, ce sont des pèlerins du monde entier, touchés par sa gentillesse, qui lui offrent leurs petites histoires et témoignages. « C’est mon voyage et ce sont à chaque fois des amitiés formidables. Que du bonheur ».

Au dos d’une des cartes, envoyée de Québec, ces quelques mots : « Vous êtes une des nombreuses étoiles de mon chemin ». L’année dernière, Jeanine avait recueilli cette personne blessée. Elle l’avait soignée, emmenée chez le médecin et accompagnée quelques instants sur le chemin.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Mercredi 5 août 2009

Après l’effort… l’arrêt confort

Il n’y a pas que la marche qui compte quand on s’aventure sur le chemin de Saint-Jacques. Les hébergements, lieux de repos et de convivialité, jouent un rôle très important dans la réussite de cette quête.

À l’opposé des chemins où les longs passages en solitaire alternent dans un parfait équilibre avec les moments de confidences entre marcheurs, le gîte est un moment de pure détente. On y pose enfin ses affaires après une rude journée de marche.

Après la douche, les étirements, la lessive des chaussettes et maillots ruinés par la sueur, c’est l’inventaire des jolis moments ou des petites catastrophes du jour, certains ayant un talent fou pour les accumuler : morsures de chiens, autochtones peu avenants, raccourci infructueux, etc. Car il ne faut surtout pas croire que tout est rose sur le chemin. Et, ce temps de partage entre marcheurs, permet de se défouler en attendant le repas salvateur.

Petites pilules et remèdes miracles

Un véritable forum de discussion naît au coin de la table où il est fréquent de retrouver des compagnons de route des étapes passées. C’est aussi l’occasion de piocher des informations – bonnes adresses ou mauvais plans – pour la suite du parcours. Beaucoup de marcheurs n’étant pas à leur coup d’essai sur Saint-Jacques.

Toutes les compétences sont mises à contribution. Dans les gîtes « de base » où les repas ne sont pas prévus, les cuisiniers font avec les moyens du bord et pour tous. Pour ceux qui ont opté pour davantage de confort, les hébergeurs se font le plus souvent les ardents ambassadeurs de leur terroir et de leur gastronomie.

Veillées courtes mais sympathiques

On recoud aussi les affaires et – très important -, on soigne les marcheurs. Place au « trafic » de petites pilules et de remèdes miracle contre les courbatures ou les ampoules. Bonne pioche pour ceux qui partagent le gîte avec un médecin qui, lampe au front, voient les patients d’un soir défiler.

En raison de la fatigue accumulée, les veillées sont courtes mais le plus souvent sympathiques. Et compte tenu des nombreuses nationalités présentes sur le chemin, elles permettent une découverte au-delà de la Haute-Loire, la Lozère ou l’Aveyron.

Reste la nuit, plus ou moins bonne en fonction de la quantité de lits dans le dortoir. Plus leur nombre est élevé et plus les chances de tomber sur les ronfleurs sont grandes…

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Jeudi 6 août 2009

Mille manières de cheminer

La facilité d’accès du Saint-Jacques et les nombreux services qui l’entourent permettent de le fréquenter à tous les rythmes et selon toutes les envies. C’est un chemin à la carte.

Pour effectuer son Chemin, il y a le pourquoi et le comment. Si on laisse de côté les convictions ou les motivations expliquant sa présence, il existe de nombreuses manières d’arriver à bon port.

Dans la très grande majorité des cas, les marcheurs prennent l’option d’étapes d’une petite vingtaine de kilomètres (parfois moins s’il y a des enfants), peu traumatisantes pour les organismes non entraînés.

En partant vers 7 heures du matin, cette façon de voyager permet d’envisager sereinement un long parcours en profitant du patrimoine, des paysages et en se ménageant de bonnes pauses.

Sur le Chemin, on se fait régulièrement doubler par des « sportifs » qui avalent facilement les trente-cinq kilomètres après avoir avalé leur petit-déjeuner déjà en première position. Ce qui ne les empêche pas de vivre pleinement leur parcours. Ils sont tout simplement à leur rythme.

De même pour les « papillonneurs » ou les « personnes d’un certain âge » qui avancent ? très intelligemment ? par sauts de puce et qui ne manquent rien du Chemin.

Des vététistes et des poussettes

Chacun son rythme donc et chacun sa résistance… Les sacs à dos avoisinent habituellement dix kilos. S’ils sont bien lourds au début, tout devient plus simple après deux ou trois journées de marche. À noter que le marché du transport de bagages entre étapes est en totale expansion.

Il ne faudrait pas croire enfin que le Chemin est strictement réservé aux marcheurs. Grâce à sa relative facilité, avec de larges chemins et des passages goudronnés, les vététistes, cavaliers et personnes accompagnés d’ânes pour le transport des bagages ou des enfants côtoient les banals piétons. À noter que beaucoup de gîtes n’acceptent pas ces pèlerins à quatre pattes. Certains ont même vu des poussettes.

Il existe enfin un parcours en voiture, mais l’esprit pèlerin en prend alors un coup sur la coquille. Il revêt néanmoins une grande importance pour les personnes à mobilité réduite qui souhaitent connaître l’esprit du pèlerinage.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Vendredi 7 août 2009

Le GR a des reflets changeants

Le succès de ce parcours de grande randonnée (le GR 65) est aussi dû à la qualité et la diversité des paysages traversés. Un festival de couleurs à perte de vue.

Le rouge feu du Velay, le gris du granit en pays de Saugues, le noir des forêts de Margeride et le vert qui inonde l’Aubrac. Les marcheurs du Saint-Jacques entre Le Puy-en-Velay et Conques en voient de toutes les couleurs dans des paysages rarement agressifs, rejetant l’horizon au plus loin.

Tous ces territoires sont marqués par l’activité pastorale et une vie religieuse très forte comme en témoignent, nombreux, croix et édifices. Ils ont cependant une identité paysagère forte qui se dévoile parfois abruptement, à l’arrivée en haut d’un col, à la sortie d’une forêt ou d’une simple courbe sur le Chemin.

 » Lieu d’horreur et de vaste solitude « 

Le Velay tout d’abord, bordé de volcans dont les coulées basaltiques ont recouvert le granit. Jonché de sites spectaculaires et sauvages, il a toujours été une terre de passage des hommes et de leurs bêtes. Une tradition dont les larges pistes qui serpentent sur ses contreforts sont les vestiges.

Vient ensuite la Margeride, parée du gris clair des blocs granitiques qui affleurent sur les vastes espaces herbagers. Ils prêtent leur couleur aux murs de constructions conçues pour faire face à la rudesse du climat. Les formes arrondies du relief de la Margeride sont également barrées d’épaisses forêts.

Plus aride, le plateau de l’Aubrac (1.300 mètres d’altitude) fut jadis décrit comme « un lieu d’horreur et de vaste solitude ». Ces espaces propices et à l’estive ont été modelés par la main de l’homme à travers les murets de pierres qui donnent au lieu tout son charme.

On pourrait croire que seuls les cailloux ont décidé d’y pousser. Ce serait alors mettre de côté les presque 13.000 plantes, dont la célèbre gentiane, qui s’épanouissent sur ses pentes douces.

S’offre enfin le pays d’Olt – aux innombrables cours d’eau dont le Lot – qui tranche par sa luxuriance végétale et son riche patrimoine religieux taillé dans des pierres roses à l’image de l’église-abbatiale de Conques.

La marche permet de profiter pleinement de cette formidable diversité de formes, de perspectives et de couleurs. Parole de pèlerin, ce premier tronçon du Chemin jusqu’à Compostelle est de loin le plus beau.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Vendredi 7 août 2009

Une façon de répondre à la question : « Qui suis-je ? »

A chacun sa route, sur le chemin de Saint-Jacques…

Cécile est là pour se laisser porter par l’esprit du Chemin. Elle souhaite évacuer des soucis qu’elle assimile, pour l’heure, au poids de son sac. Sera-t-il plus léger à son arrivée à Figeac ?

Après une longue série « d’événements pourris », la jeune Lyonnaise s’est décidée à concrétiser une vieille envie : partir pour faire le point sur sa vie et sa personnalité. « J’avais des appréhensions sur le fait de voyager seule. Saint-Jacques, avec ses infrastructures et sa fréquentation, m’a semblé être la solution la plus rassurante. »

Une thérapie

Là voilà sur le Chemin pour « marcher autrement ». Au gré du parcours, elle souhaite juste penser ou ne pas penser?  Une sorte de thérapie par le tri pour tenter de répondre à la question : « Qui suis-je ? ».

Ce n’est pas un objectif, mais une simple attente. « Je sais que je suis dans les meilleures conditions pour y parvenir. Maintenant, je verrai bien ce qui arrivera. Peut-être rien. »

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Samedi 8 août 2009

L’appétit vient en marchant

Les territoires traversés regorgent de produits et plats traditionnels taillés pour affronter la route. Le Chemin par le menu typique.

Pour tenir la distance, l’alimentation est de toute première importance. Sur le Chemin, les règles de base de la diététique volent donc en éclat pour le bien du pèlerin. Difficile en effet de maigrir en randonnée. Au mieux, quelques muscles se renforcent, apparaissent même parfois au niveau des cuisses.

Le petit-déjeuner typique se doit d’être copieux. Il fait une large place aux tartines faites de bonnes tranches taillées dans la miche de pain, garnies de confitures de myrtilles, de framboises sauvages ou de miel.

Le fromage de l’Aubrac

Après quelques heures de marche, beaucoup rechargent les batteries en consommant charcuteries ou fromages achetés sur le Chemin, de préférence à des producteurs locaux.

Avec la tomme aux artisous, le Velay dispose d’une spécialité fromagère galopante. Les acariens microscopiques qui parcourent la croûte de ce produit au lait de vache, sont un gage de très grande qualité gustative. L’Aubrac de son côté mise sur un fromage éponyme, confectionné dans les burons haut perchés.

Lentille verte et aligot

Après le simple pique-nique de midi et les quelques apports glucidiques imposés par la marche, le dîner est un moment clé pour les randonneurs et leur estomac.

L’entrée est rarement mémorable, hébergeurs ou restaurateurs misant tout sur le plat principal. Au début du parcours, ils mettent en valeur « la Perle du Velay » : la lentille verte du Puy, créditée d’une AOC, qui pousse de part et d’autre du Chemin.

Sitôt la Haute-Loire quittée, place à la star du parcours : l’aligot, une purée de pomme de terre et de tomme fraîche, savamment aillé. Servi avec ses inséparables saucisses, c’est un plat consistant qui joint l’utile au très agréable.

Côté dessert, on reste sur la même longueur d’ondes : tartes en tout genre, clafoutis, flans, fars, fouaces, puddings. Ces douceurs mettent un point final à un copieux désert. À moins de succomber à certains produits maison à base de gentianes dans l’Aubrac ou de verveine dans le Velay, dont il est formellement interdit de faire la publicité.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Dimanche 9 août 2009

Si on en a plein le dos du sac…

Quand les marcheurs ne savent plus sur quel pied danser, ils peuvent toujours entrer dans la valse incessante des transporteurs de bagages et de personnes autour du Chemin.

Ils sont toujours plus de marcheurs sur le Chemin, parfois mal équipés, mal entraînés et victimes des petits bobos et de grosses fatigues. Pour eux pas de souci, ils peuvent toujours jouer leur joker, en appelant une des quatre sociétés qui assurent le service de transport de bagages et de personnes. Sans oublier les nombreux taxis.

Initialement créés pour permettre aux retraités ou familles de marcher sans leur sac, le retrouvant chaque soir à leur hébergement, ce service « tout confort » explose maintenant sur le Chemin.

Les chauffeurs de ces sociétés en sont quittes pour un pèlerinage motorisé quotidien pendant la haute saison. Ils font le yo-yo entre Le Puy-en-Velay et Conques, passent de gîtes en hôtels, récupèrent les sacs trop lourds spécialement étiquetés, les éclopés ou les « raplapla » désireux de faire une petite pause tout en avançant sur le Chemin.

La Malle Postale vient de démarrer son activité. Son fourgon, qui est passé de 2.000 à 57.000 kilomètres en quatre mois, quitte le Puy à 7 h 30 et arrive à 13 h 30. Vient alors le grand rapatriement des marcheurs. Vers 17 h 15, ils retrouvent leur voiture sagement garée dans la cité mariale. C’est aussi simple.

Comme chez les collègues, c’est un véhicule huit places parfaitement adapté aux petites routes des départements traversés. Côté tarif, il faut compter 8 ? pour une étape pour les bagages, 15 ? une personne et 50 ? pour un rapatriement total. Et l’offre est le plus souvent adaptable.

Une ambiance toute particulière règne dans les véhicules. Pour les passagers, c’est souvent l’heure du débriefing. Fatigués, ils livrent facilement leur témoignage sur le Chemin et ses petits à-côtés. Les commentaires lors d’un retour à la case départ vaudraient d’ailleurs tous les guides pratiques et touristiques sur le Chemin.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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Lundi 10 août 2009

Quel est le sens de la marche ?

Par la réflexion et l’apaisement qu’il engendre auprès de ceux qui l’empruntent, le Chemin est unique. Pour preuve, aucun autre parcours ne suscite autant de témoignages et commentaires, toutes motivations confondues.

Bien au-delà des kilomètres à parcourir, le Chemin est un contexte qui permet de se libérer des contraintes de la réflexion, très prégnantes dans la vie de tous les jours. Plus le parcours est long et les rencontres riches et plus cette réflexion est intense.

C’est dans cette ambiance que s’engouffrent les marcheurs de manière consciente ou inconsciente pour tenter de répondre à un problème donné. Parfois, ils laissent aller leurs pensées et analysent chaque « signe » sur le Chemin. Très souvent, ils sont là pour s’évader, se couper un temps des aspects pesants de la société ou de leur vie.

Cette expérience est d’autant plus fructueuse et bienfaitrice si elle est vécue en solitaire. Certains, venus en groupe, n’hésitent d’ailleurs pas à cheminer seuls pour mieux se retrouver à la fin de l’étape, pour un temps propice au repos et à la convivialité.

Aux origines, seule la foi permettait aux pèlerins, si ce n’est de déplacer les montagnes, au moins de les traverser. Elle les incite toujours à tenir la distance : 1.500 kilomètres du Puy-en-Velay à Compostelle mais parfois le point de départ est plus lointain.

Aujourd’hui, même les simples marcheurs peuvent être touchés par le Chemin. Grâce aux efforts colossaux pour relancer cette voie de pèlerinage et les services qui s’y sont greffés, ils sont de loin les plus nombreux. Le recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay annonce lui-même que seulement 20 % des personnes bénies au départ du Chemin, sont des catholiques pratiquants. Dans la réalité, ils seraient à peine 10 %.

La répartition est rarement homogène. Comme les paysages qu’il parcourt, le cortège de pèlerins et de marcheurs est différent au fil de saisons : mai est privilégié par les pèlerins et les retraités, août par les touristes à la recherche d’une bonne coupure et les jeunes.

On voit donc de tout sur le Chemin. Cette petite société en mouvement n’a rien d’idéale. On y trouve tous les extrêmes même si la masse principale se caractérise par un esprit de solidarité et de volonté d’apaisement.

Par Pierre-Olivier FEBVRET

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