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La cité des Pastels

Lundi 22 février 2010

La cité des Pastels

s’approprie Compostelle

De la Belgique, à Saint-Jacques de Compostelle ,

il y a près de 2000 km de chemin.

Chaque année, les chemins de Saint-Jacques de Compostelle accueillent des milliers de pèlerins de toute l’Europe. Pourtant très fréquenté, le tracé nord, de Tournai, en Belgique, à Saint-Quentin n’avait jusqu’alors aucun tracé. Une erreur historique en train d’être réparée.

La folle épopée des croyants en direction de cette Mecque catholique, Régis Quennesson ne l’a découvert qu’au hasard d’un séjour en vacances dans le Périgord, en 2007. Trois mois et 19 conférences plus tard, il a parcouru à pied près de 3 000 km à partir de Clary-en-Cambrésis, un petit village du Nord pour se rendre en Galice. 

Toute l’originalité de sa démarche, c’est qu’après avoir déambulé, il découvre que ce parcours donne accès à une autre voie. Plus spirituelle sans doute, et décide alors de « se mettre au service du chemin ». L’association Saint-Jacques en Boulangrie, basée à Cambrai, qu’il fonde dans la foulée en 2007 n’a donc qu’un objectif et une voie : que le sentier du tracé nord ne soit pas qu’une vue de l’esprit, mais que sur Terre, il trouve également son incarnation.

Celui-ci, qui converge vers le tombeau de Saint-Jacques, a été reconnu comme pèlerinage incontournable au XVIe siècle et ne dispose toujours pas de balisage digne de ce nom dans le Nord de la France. « Nous sommes très en retard ici. En Belgique tout est déjà tracé. Ici, mis à part quelques haltes relais, il n’y a rien ou presque. Même les offices de tourisme sont souvent bien incapables de renseigner les pèlerins sur le chemin à suivre, car les données sont parcellaires. », explique Régis Quennesson.

SAINT-QUENTIN, NOUVEAU REFUGE

POUR LES PELERINS ?

Un affront pour ce tracé déclaré, en 1987, premier itinéraire culturel européen par le conseil de l’Europe. Et Régis Quenesson entend bien le laver dès le printemps avec l’inauguration des bornes de Tournai à Saint-Quentin. Son objectif parallèle : promouvoir le don du sang. 

Dans le Nord-Pas-de-Calais, les institutions ont déjà été démarchées pour financer ce projet dont le coût s’échelonne entre 10 000 et 40 000 euros. Reste à faire adhérer au projet tous les acteurs picards, à commencer par la mairie de Saint-Quentin. Les marcheurs de Compostelle pourront dès lors suivre cette nouvelle voie spirituelle et néanmoins physique avec en poche leur crédentiale, ce livret de parcours que le pèlerin tamponne sur chaque lieu de passage.

LE CHIFFRE

60

C’est le nombre approximatif de pèlerins qui ont présenté leur crédentiale (livret de parcours) à l’office du tourisme de Saint-Quentin l’an passé. La plupart venant de Belgique et des Pays-Bas.

LA BASILIQUE A TOUJOURS

ACCUEILLI LES PELERINS

 

Saint-Quentin était autrefois sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Dans la Collégiale, une chapelle était dédiée à ce saint, puis elle fut vouée à Notre-Dame-des-sept-Douleurs. Dans celle de Saint-Roch, la statue du saint porte la coquille et le bourdon des pèlerins de Saint-Jacques. Avant 1914, l’autel provenait de l’ancienne église Saint-Jacques. On y voyait également un tableau représentant Saint-Jacques administrant l’extrême-onction. L’église éponyme, devenue paroisse en 1214, était donc située au coin de la place de l’Hôtel-de-ville et de la rue de la Sellerie et brûla en 1557.

Une nouvelle église fut alors construite de 1562 à 1566. Elle fut désaffectée à la Révolution, comme dans l’ancienne, il s’y trouvait encore au XVIIe siècle une chapelle abritant la Confrérie des pèlerins, confrères et hospitaliers de Saint-Jacques de Saint-Quentin. Mais le vrai refuge des pèlerins se trouvait à l’hôpital Saint-Jacques, connu en 1161. Il s’y trouvait en 1438 de belles grandes villes et plusieurs chambres pour recevoir les hôtes. Y était construite une chapelle réédifiée vers 1520, considérée comme une très belle église. 

Elle se trouvait rue Saint-Jean, aujourd’hui 23 rue Raspail, et l’hôpital s’étendait jusqu’à la rue de Wé. Interdit en 1702, elle fut démolie en 1758, ainsi que l’hôpital, probablement. La seule statue de Saint-Jacques à la basilique disparut lors de la guerre de 14-18.

« UN CARREFOUR STRATÉGIQUE »,

LE RÊVE DE TUGNY-ET-PONT

Trouver une halte-refuge pour les pèlerins, voire les randonneurs sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, cela pourrait ressembler à dégotter une aiguille dans une botte de foin. Le Saint-Quentinois n’en compte d’ailleurs qu’une seule, à Tugny-et-Pont. Sur la route de Compiègne, on la rejoint à partir de Saint-Quentin par Dallon, Fontaine-lès-Clercs, Happencourt, en passant par son menhir. 

« Il y a un étang avec des canards, des chèvres, mais sans barrières. Ici, l’homme et l’animal sont en harmonie», assure Jean-Marc Noblesse, son promoteur, par ailleurs sculpteur. Ses œuvres hantent d’ailleurs les alentours immédiats des deux bungalows mis à disposition des marcheurs. Une façon originale d’agrémenter ce « camping » à la ferme – appellation réfutée par l’artiste – d’une mention mystique, voire spirituelle. « Je dirais plutôt philosophique… Les uns sculptent la matière, les autres élèvent l’esprit, qu’importe, c’est par la fusion de l’un ou l’autre que l’on finit par aboutir à la quintessence », explique-t-il, reprenant une maxime de Socrate.

La première année, il a accueilli sur ses deux bungalows près d’une cinquantaine de marcheurs de mars à octobre. 2010 étant une année jacquaire – jubilé en l’honneur de Saint-Jacques qui ne se reproduit que tous les cinq à six ans et où les pèlerins affluent – il en espère 100 à 150.

Tugny-et-Pont, sur la route des pèlerinages européens, entend bien faire valoir sa position de carrefour stratégique. « Ce n’était pas voulu, mais je me suis aperçu en installant cette halte que nous étions également sur la route d’une autre pérégrination, celle de Rome. L’année, dernière, j’ai déjà ainsi accueilli des Anglaises. »

Mais selon Jean-Marc Noblesse, qui jure ses grands dieux, qu’ici « chacun est libre de donner ce qu’il veut », pas question de business. Et à ceux qui pensent encore qu’idolâtrer Saint-Jacques n’est qu’une lubie, le sculpteur rétorque, telle un prophète : « Nous sommes en retard sur les autres pays d’Europe, l’accueil est donc par nature amené à se développer ». En attendant, vous êtes priés de le croire…

Par Jérôme POINSU

Article original : CLIC ! et ReCLIC !

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