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Historique

Introduction

Proclamé en 1987 premier itinéraire culturel européen par le Conseil de l’Europe, le chemin est celui que suivaient et que suivent encore, à partir de la frontière franco-espagnole, les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle.

Il est jalonné de plus de 1 800 bâtiments religieux et civils présentant un intérêt historique. Il joua un rôle fondamental dans les échanges culturels entre la péninsule Ibérique et le reste de l’Europe au Moyen-Âge et demeure un témoignage du pouvoir de la foi chrétienne sur les hommes de toutes les classes sociales et de tous les pays d’Europe.

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Afin de mieux comprendre ce qu’étaient les chemins de Saint-Jacques dans notre région, aux deux grandes époques, Haut Moyen-Âge et fin du Moyen-Âge, nous allons plonger, plus de 1000 ans en arrière, dans ce qu’était la vie économique et sociale de cette époque.

Nous allons survoler l’histoire du comté de Cambrai et de son Diocèse dans le Haut Moyen-Âge.

Cambrai « Cité épiscopale » et/ou « Cité impériale »

appelée aussi « Cité de la charité »

Le Comté de Cambrai coïncidait exactement avec le diocèse, c’est-à-dire avec l’ancienne cité des Nerviens. Tout en longueur du sud au nord par Bruxelles, il atteignait les bouches de l’Escaut.

Un territoire aussi immense ne pouvait que susciter une activité importante dans son chef-lieu. Cambrai voit passer, venant de Cologne des marchands d’esclaves, (l’évêque Géry obtenant la libération d’un groupe d’esclaves à Famars). Cambrai est non seulement en relation avec Marseille et Cologne, mais aussi avec le Sud-Ouest aquitain, car la cathédrale était propriétaire de terres importantes dans le Périgord, sans compter, bien sûr, celles qu’elles possédaient dans la région.

Cambrai a été véritablement fondée au VI ème  siècle  par Saint-Vaast et Saint-Géry, qui surent transformer une petite bourgade fortifiée par les romains en une véritable ville dotée d’au moins sept sanctuaires et d’un pèlerinage important, celui du monastère fondé sur  le Mont-aux-Bœufs par son quatrième évêque, Saint-Géry.

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Le commerce est très important et il faut estimer le marché aux épices et autre produits orientaux de Cambrai, au milieu du IX ème siècle, aux alentours de quelques tonnes par an. A côté de ces produits de luxe, la demande de vin, de céréales, d’esclaves et d’armes étaient plus importantes encore. Comme ces achats étaient réglés au comptant, ils nécessitaient des espèces monétaires en quantités abondantes et de valeur sûre. Deux ateliers monétaires mettaient en circulation des deniers d’argent.

Deux fêtes annuelles du saint patron, le 11 août et le 18 novembre, devinrent l’occasion de foires importantes vu l’afflux des pèlerins.

Au lendemain des terreurs de l’an mil, les foules de pèlerins vont se diriger vers le tombeau du Sauveur à Jérusalem, vers Notre-Dame de Lorette en Italie, Saint-Jacques de Compostelle en Espagne ou encore vers Saint-Martin de Tours, Sainte-Radegonde de Poitiers ou Notre-Dame du Puy.

Pour de tels voyages, le besoin s’est fait sentir d’assurer aux pèlerins toutes les garanties possibles de protection et de sécurité. Le droit de gîte (jus mansionaticum ou coenaticum) leur fait obtenir partout la subsistance et le logement : monastères et couvents leur donnent l’asile, le feu et l’eau. Ils sont exemptés de péages. Pour eux encore, dans les centres populeux situés sur les routes des caravanes ou des pèlerinages, s’ouvrent, dès le XI ème siècle, des ‘hospitia’ : ce sont des asiles et refuges de nuit pour les passants que la piété ou le besoin fait errer de ville en ville sur les chemins.

La Flandre, de Cambrai à Tournai,de Lille à Gand :

Le Moyen-Age n’a pas connu l’individualisme, la Flandre moins encore que tout autre pays. C’est de la part de ses prélats, de ses nobles et de ses bourgeois aux XII ème et XIII ème siècles un grand élan de solidarité.

Création d’hôpitaux :

A Cambrai, Saint-Lazare, Saint-Julien, Saint-Jean et Saint-Jacques, XI ème XII ème et XIII ème siècles. Hospices à Cassel, Bourbourg, Comines. A Lille, fondation de Saint-Sauveur,  de l’hospice Comtesse, de l’hôpital Saint-Nicolas. Hôtelleries d’Halluin, Fresnes et Frelinghien. A Seclin, l’hôpital Notre-Dame. A Loos, l’hospice des Chevaliers du Temple. Théomolin-lez-Orchies, et d’autres à Tourcoing, Eecke, Bailleul, Estaires, Lalaing, Merville, Raches et Warneton etc…

Un véritable réseau d’institutions charitables couvre ainsi le terroir flamand : elles sont créées à charge de prières pour les fondateurs et sanctionnées par l’autorité ecclésiastique qui consacre leurs privilèges, impose la règle, autorise l’érection de la chapelle et le service religieux. Leurs règlements sont basés sur  « la Règle de Saint-Augustin ». Créé pour abriter voyageurs ou pèlerins malades ou chartriers, l’Hospitium du Moyen-Âge est tout asile ou se donne l’hospitalité.

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Les dons et possessions urbaines de ces hospices sont très importants et les revenus vont quelques fois dépasser les besoins de ces offices (Saint-Lazare de Cambrai).

En cas de non règlement des loyers ou rentes, l’officialité de Tournai condamne les débiteurs à payer sans tarder les termes échus ; et si parfois un locataire rechigne, le conseil de Flandre siégeant à Gand déclare exécutoire le bail accordé.

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Un Pèlerin : selon copie d’une image sur un site dédié aux chemins de Saint Jacques de Compostelle.

Cambrai, un premier lieu d’accueil dédié à Saint-Jacques vers 1100 ou 1200 :

Vers l’an  1100, un hospital et sa chapelle dédiée à Saint-Jacques, située à l’angle de l’actuelle rue de la citadelle et de la rue Saint-Jacques, anciennement « rue de l’épine aux pieds et des trois fétus », accueille les pèlerins, et ce, jusqu’en 1489.

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Primitivement, l’hôpital fut desservi par des frères et des Sœurs vêtus de Blanc. Ces desservants étaient soumis à des règles et statuts imposés par l’évêque. D’après l’ouvrage du Dr Coulon, ces frères vont disparaître des hopitaux aux cours des siècles suivants, et les sœurs vont également être remplacées par des Béguines.

A partir de 1484, cédant aux exhortations de Henri de Berghes, évêque de Cambrai, les béguines qui occupaient alors l’Hospital Saint-Jacques au Bois, comme leurs consoeurs de Cantimpré se firent religieuses de l’ordre de Saint-Augustin ce qui pour la petite histoire leur créa quelques tracas relaté dans l’ouvrage du Dr Coulon. Il semblerait que les soucis des nouvelles religieuses, leurs démêlées avec le chapitre de Saint-Wandru, qui dura jusqu’en 1497 ne favorisait pas leur relation avec la confrérie de Saint-Jacques et l’accueil des pèlerins.

En 1489, les confrères de Saint-Jacques obtiennent l’autorisation de s’installer ailleurs dans la ville.

En 1552, la chapelle des Sœurs Noires est reconstruite et dédiée à Saint-Jacques le mineur, pour faire la différence avec la nouvelle chapelle Saint-Jacques en Boulangrie.

Après la révolution, le couvent est vendu comme biens d’état.

En 1896, les brasseurs qui occupaient les lieux depuis 1820 vont faire démolir, en grande partie, l’ancien couvent des Sœurs Noires de Saint-Jacques. Lors de la destruction, de la partie hors sol, de la chapelle des tympans sculptés, et autres vestiges sont découverts et transportés au Musée de Cambrai, ou on peut les voir dans une salle dédiée à l’abbaye de Saint Géry.

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Datées de 1150 environ et représentant des scènes de la bible en cartouche en forme d’ogive, ces sculptures, ces statues et autres vestiges romans dons de généreux bienfaiteurs, sont une composante importante des lieux recevant des pèlerins de Saint-Jacques, et participaient à l’instruction des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques. Suivant la gazette de 1896, le journaliste qui se rend sur les lieux observe dans la cour de nombreuses sculptures, certaines mutilées et l’une d’entre elles représentant un pèlerin de Saint-Jacques décapité.

Saint-Jacques en Boulangrie :


Le renouveau des pèlerinages, un nouveau lieu pour accueillir les pèlerins.

Après la fin de l’insécurité engendrée par les grands conflits, guerre de cent ans, etc… apparaît un renouveau du pèlerinage de Saint-Jacques qui s’impose à travers l’Europe, et qui touche un milieu plus bourgeois.

A Cambrai, une association de bourgeois de la ville que l’on désignait sous le nom de confrères de Monsieur Saint-Jacques, se réunissait dans la chapelle Saint-Jacques au bois, comme des siècles auparavant.

Durant plusieurs années, suite aux problèmes rencontrés avec les béguines et aussi peut-être la vétusté des bâtiments, ceux-ci vont demander aux autorités religieuses la permission d’ouvrir une maison d’accueil.

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C’est en 1489, que les vicaires généraux du diocèse de Cambrai accèdent à la demande des Mayeurs et confrères de la Confrérie de Saint Jacques de Cambrai et qu’est ratifié le projet de construire un nouveau lieu d’accueil ainsi qu’une nouvelle chapelle. C’est également à cette date que les religieuses de Saint-Jacques retirèrent la disposition de leur chapelle à la confrérie de Saint-Jacques. Cette nouvelle maison fondée pour accueillir 4 pèlerins va subsister plus de 250 ans  jusqu’à son rattachement à l’hôpital général, créé en 1752.

Nous avons pensé que, en reprenant le nom du deuxième et dernier accueil de Saint-Jacques, comme les dernières volontés d’une confrérie aujourd’hui disparue, adossé aux vestiges du premier lieu d’accueil, nous étions à même de donner a notre nouvelle association toute sa légitimité historique en dignes héritiers de nos illustres prédécesseurs.

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Bibliographie

1)    1898
Docteur H. Coulon – L’ancien hôpital St Jacques-au-Bois de Cambrai
Imprimerie et lithographie de Regnier Frères place-au-Bois Cambrai


2)    1924
Lucien Detrez – Directeur de « La Semaine Religieuse et Aumonier de l’hôpital St Sauveur  à Lille »
Les Augustines de Cambrai
Les Ordres Religieux LETOUZEY ET ANE Editeurs


3)     1982
L’histoire de Cambrai / Michel Rouche, Henri Platelle, Robert Vandenbussche, Jacques Thiébaut, Félicien Machelart, René Faille sous la direction de Louis Trenard : préface de Jacques Legendre… Lille : Presses Universitaires de Lille


Texte de Roger Quéro.

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